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Nous l’avons vu précédemment, la Chine produit actuellement environ 80 à 85 % des « terres rares » consommées dans le monde. Cela n’a pas toujours été le cas : en 1980, la France était à la tête de 50% du marché mondial, et avant cela les États-Unis étaient les leaders mondiaux des « terres rares » de 1965 à 1985. Comment et pourquoi les chinois ont-ils pris le monopole de ces matériaux désormais indispensables mondialement ?

Une production polluante délocalisée

L’une des raisons ayant poussé les anciens leaders des « terres rares » à abandonner ce marché est la pollution générée par leur extraction. Leur raffinage produit en effet des radiations non négligeables car ces minerais sont associés à des éléments radioactifs dans la croûte terrestre. Pour exemple, la mine de Moutain Pass, aux États-Unis, qui n’est plus exploitée aujourd’hui mais qui fournissait 50 000 tonnes de terres rares par an dans les années 70, a subi des fuites dans le réseau de stockage de ses eaux usées, déversant près de 4 millions de litres d’eaux polluées dans l’environnement (contenant de l’uranium, du manganèse, de l’arsenic, du plomb, etc…). Ainsi, les pays occidentaux ont choisi de délocaliser des productions polluantes et de se décharger des responsabilités environnementales de l’extraction des « terres rares » (voir à ce sujet : le « Summers memo » ou « Toxic memo »).

Un choix géopolitique de la Chine

Pékin a su tirer profit de cette situation, en prenant une position claire. Même si la Chine exploite les « terres rares » depuis la fin des années 50, le véritable choix géopolitique engagé date de la fin des années 80. La Chine a alors tout mis en place pour devenir le leader mondial des « terres rares ». Cette volonté était affichée dès 1992, lorsque, visitant une des plus grandes exploitations du pays (la mine de « terres rares » de Bayan Obo), Deng Xiaoping, numéro 1 de la République Populaire de Chine de l’époque, affirmait : « Le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares. […] Nous devons en tirer avantage. »

 

Un double monopole des ressources et des technologies

Prenant le monopole de ces ressources stratégiques, la Chine ne s’est pas arrêtée là. Suivant le concept d’innovation « indigène », elle est le pays à avoir déposé le plus de brevets au monde en 2015 (plus de 1,1 millions de dépôts), en important des technologies étrangères pour mettre au point ses propres innovations. La Chine est désormais le premier producteur mondial d’énergies vertes, le premier fabricant d’équipements photovoltaïques, la première puissance hydroélectrique, le premier investisseur éolien, et le leader mondial du marché des voitures à nouvelles énergies.

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La domination de la Chine du marché des « terres rares » n’est plus à prouver. Est-il encore possible de prendre une part conséquente sur ce marché mondial ? Comment s’émanciper du leader chinois, si cela est seulement possible ? Des pistes de réponses dans la suite de cet article/dans le prochain post.

 

  • Connaissiez-vous votre dépendance au terres rares ? Connaissez vous la part de la Chine dans leur production ?
  • Comment sortir de la dépendance à la Chine ? Comment sécuriser vos approvisionnements ?
  • Le Made In France est-il une réponse ?

 

N’hésitez pas à me contacter pour un échange sans engagement sur vos projets et stratégies industrielles.

 

Source et approfondissements :
Comment la Chine a pris le contrôle du marché des terres rares – The Conversation