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Après un rapide état des lieux de la relocalisation en France, voici un exemple de relocalisation réussie : celui de la marque de thés Kusmi Tea, qui a misé sur la cobotique pour réussir ce pari du retour en France.

Kusmi Tea est leader du thé haut de gamme en France. La marque aux 150 ans d’histoire est d’origine russe. Exilée en France en 1917 du fait de la Révolution Russe, Kusmi Tea est rachetée presque 100 ans plus tard, en 2003, par le groupe Orientis, spécialisé dans l’épicerie fine sucrée. Au moment du rachat, la société est proche du dépôt de bilan : elle fonctionne de façon artisanale, avec une production 100% française (des boîtes de thé fabriquées en région parisienne aux sachets réalisés en Mayenne), et un prix de revient proche du prix de vente… Les investisseurs décident alors de redonner à la marque son image haut de gamme en augmentant le prix de vente, et de baisser les coûts de production en délocalisant au Maroc. Là-bas, les sachets cousus mains coutent 60% du prix français. De même, les boîtes seront désormais fabriquées en Chine.

Pourtant, c’est face à l’augmentation des coûts et au manque de réactivité des sites de production éloignés, que Kusmi Tea opère son retour en France. En effet, on l’a déjà évoqué, la Chine fait face depuis plusieurs années à une montée des coûts salariaux et n’est plus « l’usine du monde » à bas coûts qu’elle était jadis. Ainsi, en 2012, Kusmi Tea fait appel à une PME familiale du Loiret pour produire les luxueuses boîtes de thé pour un coût légèrement plus élevé qu’en Chine, mais en économisant alors en coûts de transports et en gagnant en réactivité.

Mais c’est l’aide de la cobotique qui va permettre à Kusmi Tea d’achever sa relocalisation. Des robots japonais, très récents sur le marché, permettent depuis peu de confectionner des sachets de thés capables de contenir des feuilles de thés entières, tâches jusqu’alors uniquement réalisable à la main. En 2017, l’entreprise décide d’investir 2,5 millions d’euros dans ces robots. Ceux-ci permettent même la création d’emplois, avec l’embauche de 30 personnes, puisque certaines tâches demandent une minutie impossible pour les machines.

Kusmi Tea gagne en flexibilité en rapatriant la totalité de la production au plus près de ses consommateurs : les délais de livraison ont été divisés par deux. Ainsi, Sylvain Orebi, président du groupe, déclarait à ce sujet : « Si demain on vend beaucoup en Asie, il faudra produire en Asie. Il faut d'abord produire au plus près du consommateur. Le patriotisme économique vient après. »

La montée en gamme, associée au gain de réactivité et à l'automatisation des lignes de production, ont permis à Kusmi Tea un retour en France couronné de succés économique.

Nous verrons prochainement un autre exemple de relocalisation française réussie.